( AFP / JEFF PACHOUD )
Le groupe Renault a annoncé jeudi avoir enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 7,3% au premier trimestre 2026, soutenu notamment par la hausse des ventes des modèles électriques et l'intégration comptable d'une filiale en Inde, sur fond de fort recul des volumes de vente de Dacia.
Face à la flambée des prix du pétrole liée à la guerre au Moyen-Orient, et même si le directeur financier du groupe Duncan Minto a dit lors d'un point avec des journalistes ne voir pour l'heure "aucun impact sur la demande", Renault a annoncé prendre des mesures d'économies, sans préciser lesquelles.
Le début d'année a été marqué par un important blocage industriel au Maghreb pour la marque Dacia. L'usine marocaine de Tanger s'est retrouvée inondée, et le trafic maritime du détroit de Gibraltar paralysé par des tempêtes.
Un blocage qui s'est traduit par une chute de 16,3% des ventes de la marque sur le trimestre, même si un rattrapage a commencé dès le mois de mars.
À l'échelle du groupe, les volumes globaux ont reculé de 3,3 % (546.183 unités écoulées).
- Effet de gamme -
La hausse du chiffre d'affaires, qui s'établit à 12,53 milliards d'euros, au-dessus des attentes des analystes (11,70 milliards d'euros), repose pour partie sur un effet de gamme lié à la progression des modèles les plus chers.
Le constructeur vend en effet davantage de véhicules électriques, dont les prix de vente sont plus élevés que ceux des modèles thermiques.
En Europe, les ventes 100% électriques du groupe grimpent de 20,9 % pour atteindre 17 % du total.
Sur le Vieux continent, la part des motorisations électrifiées (incluant les hybrides) dépasse désormais la moitié (52,3%) des ventes.
Parallèlement, les motorisations hybrides représentent désormais plus de 40% des ventes de voitures de la marque au losange.
Une tendance qui s'observe également chez Dacia, dont les ventes de modèles hybrides ont augmenté de 48,8% sur le trimestre, portées par les nouveaux Duster et Bigster.
- Sous-traitance et changement de périmètre -
La progression des revenus s'appuie également sur la sous-traitance industrielle.
Le groupe utilise ainsi ses usines en produisant pour ses alliés, à l'image de la nouvelle Nissan Micra 100% électrique qui reprend la plateforme de la R5 et dont le démarrage est qualifié de "très bon" par Duncan Minto.
Si ces véhicules produits en sous-traitance dégagent des marges unitaires plus faibles pour Renault que ses propres modèles, ils agissent comme un véritable "booster" de chiffre d'affaires, assure la direction.
C'est une des raisons qui a poussé Renault Group à nouer en décembre un partenariat avec Ford pour développer deux voitures électriques de la marque américaine dans le nord de la France.
Parallèlement, un changement de périmètre comptable a mécaniquement dopé le bilan.
En prenant le contrôle total de l'usine indienne qu'il partageait historiquement avec Nissan, Renault intègre désormais l'intégralité de la production du site dans ses propres comptes, ce qui a généré environ 200 millions d'euros supplémentaires sur la période.
Renault s'est dit satisfait de sa croissance sur plusieurs marchés internationaux, citant des bonds de la marque au losange au Maroc (+20,2%), en Turquie (+12,9%) ou en Inde (+47,6%).
- 15 à 20% de postes d'ingénieurs supprimés -
Le groupe, qui évoque un carnet de commandes représentant l'équivalent de deux mois de ventes, confirme l'ensemble de ses perspectives financières pour l'année 2026, tablant toujours sur une marge opérationnelle d'environ 5,5%.
Renault prévoit de supprimer 15 à 20% de ses postes d'ingénierie dans le monde d'ici deux ans sur un total d'environ 12 000 ingénieurs.
Le constructeur n'évoque pas de licenciements mais indique qu'il étudiera des mesures de reconversion, d'évolution des compétences ou encore de départ anticipé.
La CGT Renault avait dénoncé mercredi un "sabotage industriel consenti" qui transformerait "Renault en simple assembleur sous contrainte, vassalisé par ses propres fournisseurs, majoritairement chinois, là où il devrait être un concepteur souverain".
A l'ouverture de la Bourse de Paris, l'action de Renault était en hausse de 2,36% à 32,03 euros, dans un marché en petite hausse (+0,37% pour le CAC40).
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